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Déclaration de la FSM à l'occasion de l'élection du Directeur Général
de l'Organisation Internationale du Travail (OIT)
Le 28 mai est la date des élections à l'Organisation Internationale du Travail (OIT) afin d'élire un nouveau Directeur
Général pour remplacer le Chilien Juan Somavia.
La Fédération Syndicale Mondiale (FSM), qui représente 82 millions de travailleurs et des organisations affiliées
dans 120 pays, considère que, au lieu de se référer aux caractéristiques de chacun des candidats, les plus
importants aspects à prendre en compte sont les suivants :
1. Si nous demandons aux millions de salariés et de travailleurs sans emploi de base dans tous les pays des
cinq continents quels sont leurs points de vue sur l'impact de l'OIT dans leur pays et ses avantages pour
les travailleurs, la réponse est presque unanime : elle leur est inutile. Au cours des dernières décennies les
droits et les conquêtes des travailleurs ont été réduits et les conventions fondamentales de l'OIT sont
violées de façon flagrante. Que fera le nouveau Directeur Général de l'OIT pour remédier à cette situation?
2. Au Conseil d'administration de l'OIT, il y a des représentants des gouvernements et des employeurs qui ont
imposé des politiques néolibérales et des plans d'ajustement dans leurs pays respectifs, sapant les droits
des travailleurs et violant les normes internationales du travail (NIT). Pour cette raison, l'OIT n'est pas r
eflétée comme une organisation de défense des travailleurs. Quelle est la position du nouveau Directeur
Général sur ces questions ?
3. La situation actuelle d'impasse dans laquelle se trouvent les travailleurs requiert un Directeur Général libre
de l'influence et de la pression de ces gouvernements et employeurs qui minent les NIT, agissant contre les
valeurs de l'OIT. Le nouveau Directeur Général compte-t-il prendre une attitude vraiment indépendante?
4. Dans le cadre de la structure actuelle de l'OIT, dans les organes de décision et dans le Conseil
d'administration, il y a un monopole d'une seule tendance des intérêts des gouvernements néolibéraux, des
employeurs et des dirigeants d'une partie de la représentation des travailleurs. Le nouveau Directeur
Général sera-t'il disposé à conduire les changements nécessaires pour briser le monopole et permettre une
participation plurielle au Conseil d'administration avec une représentation proportionnelle de l’ autre groupe
d'opinion du groupe des travailleurs ?
5. La FSM considère qu'il est nécessaire de modifier la structure et le règlement de l'OIT pour les adapter aux
conditions actuelles afin qu'elle soit un instrument efficace pour garantir le respect inconditionnel des
conventions et des droits fondamentaux des travailleurs. Le nouveau Directeur Général entend-il
promouvoir de tels changements ?
6. L'OIT aux niveaux central et régional ainsi que le nouveau Directeur Général doit respecter l'autonomie et
l'autodétermination des syndicats. Ils doivent respecter les décisions, les fondements et le fonctionnement
démocratique des syndicats. Malheureusement, ces derniers temps ces principes sont violés et les
services de gestion et d'administration de l'OIT interviennent dans les affaires internes des syndicats,
essayant de soutenir certains d'entre eux plus que les autres, en promouvant certains syndicats et en
blâmant injustement d'autres, etc.. Ce phénomène est contraire aux objectifs fondateurs de l'OIT. La FSM
condamne un tel phénomène et continuera la lutte pour l'égalité entre tous les syndicats, l'égalité
indépendante des différences idéologiques, politiques et syndicales.
7. Tout comme les peuples de la planète exigent la démocratisation de l'Organisation des Nations Unies (
ONU), tous ceux qui forment la FSM exigent la démocratisation de l'OIT. Le nouveau Directeur Général
serait-il disposé à promouvoir une véritable démocratisation de l'OIT ?
8. La FSM considère que, dans les conditions de crise profonde du système capitaliste et de croissance de
l'agression impérialiste, l'OIT devrait appuyer les luttes des travailleurs, des retraités, des travailleurs sans
emploi, des pauvres et des immigrants ; elle devrait défendre les droits syndicaux, les libertés
démocratiques et des syndicales et les négociations collectives libres. Les défis de l'OIT, de ses cadres et
de son nouveau Directeur Général sont énormes.
9. La composition géographique représentée par les Directeurs Généraux de l'OIT tout au long de l'histoire,
montre que pendant 78 ans, 8 Directeurs Généraux venaient de pays capitalistes (2 des États-Unis, 2 de la
Grande-Bretagne et 2 de la France) (1 de Belgique et 1 de l'Irlande). Le premier Directeur-Général
d'Amérique latine a été le Chilien Juan Somavia, élu en 1999 jusqu'à aujourd'hui.
La FSM et ses organisations affiliées sont prêtes à travailler avec l'OIT afin d'évacuer nos préoccupations et nos
questions ; à mettre en œuvre ces aspirations, guidés par Le Pacte d'Athènes, le document central adopté au
XVIème Congrès Syndical Mondial. LE SECRETARIAT
par Pedro Guerreiro, membre du Comité central du PCP et député européen de 2005 à 2009
Traduction MA pourhttp://solidarite
Bien que partant de situations différentes, les répercussions des résultats des récentes élections réalisées en Grèce et en France – par ce qu'elles expriment de rejet justifié des politiques de l'Union européenne,et de non-acceptation de leur fatalité, par ce qu'elles représentent de légitime volonté de changement, par ce qu'elles soulignent des contradictions de ce processus d'intégration capitaliste – sont des révélateurs de l'évolution prochaine de la situation dans l'Union européenne.
Au contraire de ce que certains cherchent systématiquement à escamoter, en pointant uniquement du doigt Merkel et Sarkozy, les résultats de ces élections traduisent, dans le fond, le rejet des politiques contraires aux intérêts des travailleurs et à la souveraineté des peuples, de politiques impulsées par l'Union européenne et par ceux qui en sont co-responsables, la social-démocratie et la droite.
Se faisant les défenseurs des intérêts du grand capital financier,la social-démocratie et la droite mènent l'intégration capitaliste européenne, c'est-à-dire qu'ils définissent et appliquent ses politiques, ses traités, son Marché unique, son Euro, sa stratégie de Lisbonne, aujourd'hui renommée « 2020 », parmi une multiplicité d'exemples.
La social-démocratie qui se gargarise de l'importance du sens de la victoire de Hollande contre Sarkozy, est la même qui exige de la Grèce qu'elle applique ses « mémorandums »- d'authentiques mécanismes d'extorsion, d'intensification de l'exploitation et de domination économique – imposés par l'Union européenne et appliqués avec enthousiasme par la social-démocratie, alliée à la droite dans le gouvernement grec.
Malgré tout, l'aiguisement de la crise structurelle du capitalisme, et par conséquent, de l'intégration capitaliste européenne, réveille des divergences qui ont été mises en évidence lors des récentes élections en France. Divergence entre la social-démocratie et la droite quant à la perspective d'une longue période de récession économique et ses conséquences pour la préservation du processus d'intégration européenne.
Divergence entre les intérêts et l'agenda immédiat du grand capital français et celui allemand, apparemment, voyant une « France » plus intéressée que l' « Allemagne » dans l'accélération de la création de mécanismes et de répartition des coûts et des risques associés à l'Euro(avec ce que cela signifieraient en termes de déclin social et économique, de perte de souveraineté nationale pour les pays comme le Portugal et de renforcement du directoire franco-allemand).
Il n'y aura pas grand-chose à espérer sur le contenu effectif de la condition annoncée par Hollande à la ratification du traité budgétaire.
Jusqu'alors, Hollande n'a remis en cause aucun des aspects inacceptables contenus dans ce traité en cours de ratification, soulignant juste la nécessité de « l'améliorer » (tout comme le PS Portugais l'a déjà ratifié).
Or, contrairement à ce que la social-démocratie prétend, ce qu'il faut ce n'est pas une impossible « réforme » - par l'insertion d'un « protocole additionnel » - d'un traité budgétaire qui s'attaque aux souverainetés nationales et condamne le Portugal à être sous la tutelle permanente de l'Union européenne. Ce qui s'impose, c'est son rejet.
Ce qu'il faut, ce n'est pas remplacer une « austérité excessive » par une « austérité intelligente » qui continue à intensifier l'exploitation, à démanteler la Sécurité sociale et les services publics. Ce qui s'impose, c'est la rupture avec le pacte d'agression.
Autrement dit, ce qui est nécessaire ce n'est pas le renforcement et l'approfondissement de l'intégration capitaliste européenne– et de ses aspects inséparables néo-libéral, militariste et fédéraliste - mais l'affrontement et la rupture avec ses politiques, pour une Europe de coopération, de progrès et de paix.
Un gouvernement de gauche n'est qu'un « radeau de sauvetage » pour ceux qui souffrent
Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Le responsable de Syriza, Alexis Tsipras, qui a reçu le 8 mai le mandat exploratoire de la part du président de la République de former un gouvernement et a noué des contacts avec les divers chefs de parti, a recours à des combines tactiques et des effets de manche qui font la une des médias.
Le responsable de Syriza a contacté la secrétaire-générale du KKE, Aleka Papariga, par téléphone et a demandé de la rencontrer dans le cadre des contacts qu'il prenait avec les divers dirigeants de parti concernant la formation d'un gouvernement. Aleka Papariga a répondu qu'il n'y avait pas matière à discuter autour d'une telle rencontre.
Dans son communiqué, Alexis Tsirpas a réaffirmé sa proposition d'un « gouvernement de gauche » avec comme objectif « la redistribution du fardeau fiscal, le traitement des questions fiscales en terme de justice sociale, la reconstruction productive du pays et une planification écologique du développement ».
Les conditions minimales fixées par SYNAPSISMOS-Syriza pour coopérer sont :
« La nécessité d'une annulation immédiate de la mise en œuvre des mesures du mémorandum et en particulier ces lois ignominieuses visant à réduire encore les salaires et les retraites.
L’annulation des lois qui abolissent les droits fondamentaux des travailleurs, en particulier la loi qui fixe qu'après le 15 mai, ce sera la fin de l'extension des conventions collectives existantes, et la fin des conventions collectives elles-mêmes.
La mise en avant de changements immédiats dans le système politique allant dans le sens d'un approfondissement de la démocratie et de la justice sociale, en premier lieu en changeant la loi électorale, en introduisant la proportionnelle intégrale, ainsi que l'abolition de la loi concernant les responsabilités des ministres.
Le contrôle public du système bancaire, qui aujourd'hui, malgré le fait qu'il ait reçu près de 200 milliards d'euros en liquidités et en garanties provenant de fonds publics, reste entre les mains des dirigeants qui l'ont mis en faillite. Nous exigeons que le rapport Black Rock soit publié immédiatement. Les banques doivent devenir des instruments pour le développement de l'économie et le renforcement des petites et moyennes entreprises.
La création d'une Commission d'audit pour explorer la partie odieuse de la dette publique, un moratoire sur son remboursement et la recherche d'une solution Européenne juste et viable ».
Dans son communiqué, le bureau de presse du KKE commente ainsi les déclarations d'Alexis Tsipras :
Dans sa déclaration d'aujourd'hui, A.Tsipras a usé du mandat qu'il a reçu pour venir appuyer sa prochaine campagne électorale, en réalisant des déclarations partielles qui ont tout l'aspect d'une déclaration de campagne pré-électorale s'adressant aux plus désespérés des électeurs afin de les fourvoyer et de récupérer leurs voix.
En dépit du fait fondamental qu'un gouvernement doit traiter plus de 4 ou 5 questions – il doit traiter en fait toutes les questions – A.Tsipras est passé outre cette réalité comme si elle n'existait pas. Le KKE met en avant les éléments suivants :
Le mémorandum et l'accord de prêt ne vont pas être abolis par les propositions de A.Tsipras. En dépit de cela, il a présenté certaines propositions, comme autant de sorties de crises favorables au peuple, qui passent sous silence l'offensive anti-populaire généralisée des monopoles et de leurs partis, les engagements pris par tous les Etats-membres de l'UE, telle la « stratégie Europe 2020 », des politiques comprises dans le mémorandum et l'accord de prêt.
Les propositions de A.Tsipras affirment clairement que les travailleurs seront appelés à payer de nouveau une grande partie de la dette dont ils ne sont pas responsables, tandis que le peuple a besoin de l’annulation de la dette. Dans le même temps, ces propositions ouvrent la voie aux privatisations et à la mise en place de nouvelles mesures anti-ouvrières par les capitalistes (salaires à 400 euros, de rapports de travail flexibles etc.). Elles laissent intacts tous les changements réactionnaires réalisés dans l'éducation, la sécurité sociale et la santé.
Les déclarations concernant le contrôle public des banques dans les intérêts des PME sont une duperie délibérée, puisqu'elles les condamnent à contracter de nouveaux prêts dans les conditions actuelles d'étouffement et d'encerclement par les monopoles.
Les affirmations d'A.Tsipras concernant la « reconstruction productive avec une sensibilité pour les questions écologiques » sont liées à la même voie de développement qui a déjà mené à la crise profonde et à la faillite du peuple, tandis qu'elles ignorent la Politique agricole commune (PAC) et ses conséquences pour les pauvres paysans.
Le silence sur les engagements permanents des traités signés par les gouvernements Grec dans le cadre de l'OTAN et des plans impérialistes pour intervenir en Méditerranée orientale, est extrêmement caractéristique de la soumission de SYNAPSISMOS/Syriza à la classe dirigeante et à ses alliés internationaux. Un tel gouvernement ne fera que compliquer et aggraver les problèmes du peuple.
Il faut que le peuple se détache de ceux qui continuent à les appeler à suivre la « voie à sens unique » cauchemardesque de l'UE, qu'ils adoptent une façade pro ou anti mémorandum.
La bataille se jouera avant tout en Grèce, et pas uniquement au sein de l'UE. De plus, le fameux « vent Européen du changement » qu'Hollande serait censé apporter, n'est pas lié au mouvement des peuples mais à la lutte des monopoles dans chaque pays pour la domination.
Les communistes grecs (KKE) continuent de progresser avec 8,5% des voix et 26 sièges et font leur meilleur score depuis 25 ans dans un paysage politique recomposé par le capital
Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Le scrutin qui inquiétait les marchés européens ce dimanche 6 mai n'était pas celui opposant en France le partisan de l' « austérité de droite » contre celui de la « rigueur de gauche ». Il s'agissait bien des élections législatives en Grèce, dans un climat de colère sociale et de rejet du consensus dominant PASOK-droite.
Les résultats définitifs confirment d'une part l'ampleur de ce mécontentement populaire mais d'autre part révèlent à quel point le grand capital grec et surtout européen est en mesure de trouver des roues de secours viables lorsque ses serviteurs habituels se retrouvent à bout de souffre, discrédités par la politique d'austérité qu'ils font subir au peuple grec.
La première leçon de ce scrutin, c'est la déroute historique des deux partis du consensus libéral-européiste dominant.
Une déroute historique pour le consensus dominant PASOK-Nouvelle démocratie
Le parti de droite classique, Nouvelle Démocratique, a sauvé les meubles grâce à sa puissante organisation clientéliste et ses positions conservatrices traditionnelles.
Avec 18,9% des voix et 108 sièges, elle sera sans doute le pivot de la future coalition gouvernementale, mais perd 13,6 points (33,48% en 2009) par rapport au dernier scrutin.
Son alter ego à gauche, le PASOK socialiste s'effondre pour atteindre un minimum historique, avec 13,2% des voix et 41 sièges mais il reste le partenaire le plus crédible pour une nouvelle « grande coalition » gauche-droite.
La politique de casse sociale menée d'abord par Georgios Papandreou depuis 2009 puis par son successeur Lukas Papademos, avec le soutien du PASOK a logiquement conduit à la désaffection d'une grande partie de sa base électorale. Le PASOK avait réalisé 43,92% des voix en 2009.
L'effondrement des deux partis dominants a laissé un large espace à des forces, à gauche comme à droite, participant largement d'une recomposition maîtrisée par ces mêmes forces dominantes.Tout comme le capital européen envisage une « faillite contrôlée » de l'économie grecque, il a tenté d'opérer une « faillite contrôlée » du système politique grec.
Les communistes progressent une nouvelle fois, avec 8,5% des voix et 26 sièges, bravant l'anti-communisme ambiant
Le point positif du scrutin, c'est la nouvelle progression électorale des communistes du KKE, reflet de leur ancrage de masse et de leur participation décisive aux luttes depuis 2009.
Avec 8,5% des voix et 26 sièges, les communistes gagnent du terrain par rapport au déjà bon score de 2009 (7,5% des voix et 21 sièges). Ils réalisent pour un scrutin national leur meilleur score depuis la chute du mur de Berlin, plus exactement depuis 1985, lorsqu'ils avaient obtenu 9,1% des voix (mais seulement 12 députés).
Une progression d'autant plus méritoire qu'elle se produit dans un climat de rare hostilitéoù ont alterné menaces et insultes anti-communistes frontales et manœuvres plus subtiles au nom du vote utile pour SYRIZA et Gauche démocratique, des méthodes vicieuses qui ont eu sans doute leur impact.
Les positions courageuses du KKE vis-à-vis des illusions d'un gouvernement de gauche alternatif dans le cadre du système alternatif ont été reconnues par une large partie de la classe ouvrière grecque. Mais leur intransigeance a pu orienter une partie des classes moyennes paupérisées, déçues du PASOK, vers une gauche qui se présente comme radicale mais de gouvernement.
La percée de la « gauche radicale » ou la « faillite contrôlée » de l'aile-gauche du système politique traditionnel grec
L'écroulement du PASOK était la seule donnée certaine, connue avant le déroulement même de ces élections. Le grand capital grec avait anticipé sa décomposition et préparé la recomposition de la 'gauche' grecque, à partir de l'aile-gauche de la social-démocratie Grecque, la coalition dite SYRIZA.
La coalition SYRIZA est un amalgame hétérogène composé de maoistes, de trotskistes, d'ex-communistes rénovateurs, de transfuges de la social-démocratie, de nationalistes de gauche ou encore d'écologistes, minés par des querelles internes interminables qui l'ont mené plus d'une fois au bord de l'implosion. Une coalition unie sur le plus petit dénominateur commun, celui d'une vague gauche unie sans programme ni idéologie claire.
Une histoire faite de nouvelles coalitions et de nouvelles scissions incessante. La dernière en date, celle du groupe Gauche démocratique (DIMAR) trouvant SYRIZA trop intransigeante, et plutôt favorable à un gouvernement d'union avec le PASOK, pour le tirer à gauche dans sa politique d'austérité.
Gauche démocratique a finalement obtenu 6,1% des voix et 19 sièges tandis que SYRIZA a décroché la deuxième place avec 16,8% et 52 sièges.
Les pertes du PASOK ont donc été très largement redistribués vers des partis qui soit soutiennent ouvertement le PASOK, comme Gauche démocratique, soit soutiennent une ligne dont l'opposition formelle à la ligne actuelle du PASOK n'en est pas moins concordante avec les positions social-démocrates traditionnelles.
En effet, outre la complaisance sans précédent dont a bénéficié SYRIZA durant la campagne, en premier lieu pour son jeune chef sémillant, le télégénique Alexis Tsirpas, la « Coalition de la gauche radicale » a fait campagne pour une véritable « coalition gouvernementale de gauche » capable de mener une autre politique en Europe.
Une alliance proposée à DIMAR, au KKE et même au PASOK, si « il bouge vers la gauche ». Le KKE a refusé cette main tendue, et ce que l'autre dissimule. Car SYRIZA ne propose aucune rupture avec le système capitaliste, qu'elle souhaite aménager, avec l'Union européenne, qu'elle souhaite réformer ou avec le système politique grec corrompu, sachant qu'elle est alliée au PASOK dans bon nombre de municipalités et départements du pays.
Les deux nouveaux piliers de l'aile-gauche système politique grec s'appellent donc Gauche démocratique, comme force d'appoint parlementaire du PASOK et de la « grande coalition », et SYRIZA comme opposition officielle, chargée de canaliser la colère populaire vers des solutions compatibles avec le système dominant.
Recomposition préoccupante à droite, entre montée d'un nationalisme populiste et fascisation de la vie politique grecque
Le résultat le plus inquiétant de ce scrutin ne provient sans doute pas de la gauche de la vie politique grecque. Certes, l'effondrement des partis de droite paraît moins net que celui du PASOK, mais il est néanmoins indiscutable.
Outre Nouvelle démocratie, le parti d'extrême-droite traditionnaliste LAOS recule et paye sa collaboration au gouvernement de l'austérité. Il passe de 5,63% des voix et 15 sièges à 2,9% et sans aucune représentation parlementaire.
La recomposition de la droite grecque profite partiellement à une nouvelle formation de droite, dissidente de la Nouvelle démocratie, les Grecs indépendants, qui obtiennent 10,6% des voix et 33 sièges, sur fond d'un discours souverainiste et populiste, dont il est encore difficile de savoir les implications politiques au vu du caractère nouveau de ce parti.
Le plus préoccupant reste la percée historique d'un groupuscule d'extrême-droite, issu de la mouvance néo-nazie, l'Aube dorée qui récolte 7% des voix et 21 sièges.
Utilisant un symbole proche de la croix gammée, exaltant la violence et le droit du sang, prônant un nationalisme ethnique et expansionniste, anti-communiste et contre-révolutionnaire, tout en adoptant un discours superficiellement radical sur les questions sociales, en indiquant un bouc-émissaire : l'étranger, l'Aube dorée rassemble tous les critères d'une formation de droite néo-fasciste.
Les origines national-socialistes de cet ancien groupuscule d'extrême-droite transparaissent dans son réseau international qui rassemble notamment le Parti national-démocrate (NDP) allemand, héritier du parti nazi, ou encore la Forza nuova italienne, qui se revendique comme une fidèle héritière du parti national fasciste italien.
« Faillite contrôlée » des deux piliers du système politique grec, émergence de nouvelles gauches et de nouvelles droites de gouvernement (Grecs indépendants, Gauche démocratique), mise en avant d'une opposition officielle canalisant vers les solutions institutionnelles avec SYRIZA, fabrication de toutes pièces d'un parti néo-fasciste comme recours ultime du capital, le paysage politique grec, décomposé est aussitôt recomposé par le grand capital grec et européen.
Mais dans cette sombre apparence d'un contrôle total de la classe dominante européenne sur les événements politiques grecs, une épine dans le pied du capital persiste. Une force résiste et progresse, le Parti communiste grec (KKE).
Dans l'hostilité la plus totale, malgré les menaces, intimidations ou manœuvres politiciennes subtiles, les communistes grecs continuent à être perçus consciemment par des centaines de milliers grecs comme la seule alternative viable au pouvoir mortifère du capital grec et de l'Union européenne sur leurs vies.
Le montant du loyer que nous devons régler tous les mois pour maintenir l'ouverture de notre siège ampute les moyens
financiers que nous souhaiterions consacrer à l'action (affichage, tracts, déplacements...)
Votre aide nous serait précieuse, quel qu'en soit le montant.
Merci beaucoup d'avance !
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