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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 23:12

 

Un gouvernement de gauche n'est qu'un « radeau de sauvetage » pour ceux qui souffrent



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le responsable de Syriza, Alexis Tsipras, qui a reçu le 8 mai le mandat exploratoire de la part du président de la République de former un gouvernement et a noué des contacts avec les divers chefs de parti, a recours à des combines tactiques et des effets de manche qui font la une des médias.

Le responsable de Syriza a contacté la secrétaire-générale du KKE, Aleka Papariga, par téléphone et a demandé de la rencontrer dans le cadre des contacts qu'il prenait avec les divers dirigeants de parti concernant la formation d'un gouvernement. Aleka Papariga a répondu qu'il n'y avait pas matière à discuter autour d'une telle rencontre.

Dans son communiqué, Alexis Tsirpas a réaffirmé sa proposition d'un « gouvernement de gauche » avec comme objectif « la redistribution du fardeau fiscal, le traitement des questions fiscales en terme de justice sociale, la reconstruction productive du pays et une planification écologique du développement ».

Les conditions minimales fixées par SYNAPSISMOS-Syriza pour coopérer sont :

« La nécessité d'une annulation immédiate de la mise en œuvre des mesures du mémorandum et en particulier ces lois ignominieuses visant à réduire encore les salaires et les retraites.

L’annulation des lois qui abolissent les droits fondamentaux des travailleurs, en particulier la loi qui fixe qu'après le 15 mai, ce sera la fin de l'extension des conventions collectives existantes, et la fin des conventions collectives elles-mêmes.

La mise en avant de changements immédiats dans le système politique allant dans le sens d'un approfondissement de la démocratie et de la justice sociale, en premier lieu en changeant la loi électorale, en introduisant la proportionnelle intégrale, ainsi que l'abolition de la loi concernant les responsabilités des ministres.

Le contrôle public du système bancaire, qui aujourd'hui, malgré le fait qu'il ait reçu près de 200 milliards d'euros en liquidités et en garanties provenant de fonds publics, reste entre les mains des dirigeants qui l'ont mis en faillite. Nous exigeons que le rapport Black Rock soit publié immédiatement. Les banques doivent devenir des instruments pour le développement de l'économie et le renforcement des petites et moyennes entreprises.

La création d'une Commission d'audit pour explorer la partie odieuse de la dette publique, un moratoire sur son remboursement et la recherche d'une solution Européenne juste et viable ».

Dans son communiqué, le bureau de presse du KKE commente ainsi les déclarations d'Alexis Tsipras :

Dans sa déclaration d'aujourd'hui, A.Tsipras a usé du mandat qu'il a reçu pour venir appuyer sa prochaine campagne électorale, en réalisant des déclarations partielles qui ont tout l'aspect d'une déclaration de campagne pré-électorale s'adressant aux plus désespérés des électeurs afin de les fourvoyer et de récupérer leurs voix.

En dépit du fait fondamental qu'un gouvernement doit traiter plus de 4 ou 5 questions – il doit traiter en fait toutes les questions – A.Tsipras est passé outre cette réalité comme si elle n'existait pas. Le KKE met en avant les éléments suivants :

Le mémorandum et l'accord de prêt ne vont pas être abolis par les propositions de A.Tsipras. En dépit de cela, il a présenté certaines propositions, comme autant de sorties de crises favorables au peuple, qui passent sous silence l'offensive anti-populaire généralisée des monopoles et de leurs partis, les engagements pris par tous les Etats-membres de l'UE, telle la « stratégie Europe 2020 », des politiques comprises dans le mémorandum et l'accord de prêt.

Les propositions de A.Tsipras affirment clairement que les travailleurs seront appelés à payer de nouveau une grande partie de la dette dont ils ne sont pas responsables, tandis que le peuple a besoin de l’annulation de la dette. Dans le même temps, ces propositions ouvrent la voie aux privatisations et à la mise en place de nouvelles mesures anti-ouvrières par les capitalistes (salaires à 400 euros, de rapports de travail flexibles etc.). Elles laissent intacts tous les changements réactionnaires réalisés dans l'éducation, la sécurité sociale et la santé.

Les déclarations concernant le contrôle public des banques dans les intérêts des PME sont une duperie délibérée, puisqu'elles les condamnent à contracter de nouveaux prêts dans les conditions actuelles d'étouffement et d'encerclement par les monopoles.

Les affirmations d'A.Tsipras concernant la « reconstruction productive avec une sensibilité pour les questions écologiques » sont liées à la même voie de développement qui a déjà mené à la crise profonde et à la faillite du peuple, tandis qu'elles ignorent la Politique agricole commune (PAC) et ses conséquences pour les pauvres paysans.

Le silence sur les engagements permanents des traités signés par les gouvernements Grec dans le cadre de l'OTAN et des plans impérialistes pour intervenir en Méditerranée orientale, est extrêmement caractéristique de la soumission de SYNAPSISMOS/Syriza à la classe dirigeante et à ses alliés internationaux. Un tel gouvernement ne fera que compliquer et aggraver les problèmes du peuple.

Il faut que le peuple se détache de ceux qui continuent à les appeler à suivre la « voie à sens unique » cauchemardesque de l'UE, qu'ils adoptent une façade pro ou anti mémorandum.

La bataille se jouera avant tout en Grèce, et pas uniquement au sein de l'UE. De plus, le fameux « vent Européen du changement » qu'Hollande serait censé apporter, n'est pas lié au mouvement des peuples mais à la lutte des monopoles dans chaque pays pour la domination.

Par Evanosiam - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 23:02

 

 

COMMUNIQUE DU ROCML APRES LE SECOND TOUR DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE 

Le second tour des élections présidentielles le 6 mai 2012 a donc départagé les deux candidats restés en lice, N. Sarkozy, le candidat sortant de la droite, et F. Hollande, le candidat de la gauche.

Hollande l’a emporté d’une courte tête avec 51,6% des voix contre 48,4 à Sarkozy.

Dès avant le premier tour, le ROCML avait caractérisé ces deux politiciens comme les deux faces de la même médaille bourgeoise, comme deux politiciens au service de la bourgeoisie.

C’était clair pour Sarkozy, mais Hollande n’était pas en reste : il avait reçu le soutien de grands patrons du CAC40 et même la bienveillance de Laurence Parisot, la patronne du MEDEF.

Pour le ROCML, la victoire de F. Hollande ne constitue donc en rien une avancée pour la classe ouvrière et l’ensemble des couches du prolétariat et du peuple.

Ces élections illustrent la théorie marxiste-léniniste selon laquelle :décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles, mais encore dans les républiques les plus démocratiques. Lénine, l’Etat et la révolution.

Toutes les organisations et les groupes « à la gauche de la gauche » qui ont appelé à voter pour François Hollande, directement ou de façon détournée en appelant à voter contre Sarkozy, auront de fait appelé à faire élire le candidat bourgeois F.Hollande contre l’autre candidat bourgeois N. Sarkozy. Il est navrant de trouver parmi eux des organisations qui se réclament du marxisme-léninisme. Leur argument selon lequel la réélection de Sarkozy aurait créé des conditions plus défavorables à la lutte des travailleurs n’est qu’une pure spéculation.

Elles auront en outre contribué, chacune avec sa partition, au bon déroulement « démocratique » du cirque électoral présidentiel. Sans base de classe prolétarienne et sans stratégie ni pratique révolutionnaire, ces groupes retombent inévitablement dans le soutien au « moins pire » des représentants de la bourgeoisie. Telle est leur pratique et leur destinée.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Entre les présidentielles et les législatives, il l’a dit tout au long de sa campagne, F. Hollande va s’évertuer à RASSEMBLER « TOUS LES FRANÇAIS ». Cela veut dire en clair : ETOUFFER LA LUTTE DES CLASSES, EMPECHER TOUT MOUVEMENT OUVRIER ET POPULAIRE D’AMPLEUR pour la satisfaction des revendications des travailleurs. Il peut compter pour cela sur la collaboration active des directions syndicales pour promouvoir les négociations et le « dialogue social » En même temps il s’activera à DONNER AUX GRANDS PATRONS DU CAC 40 ET AUX INSTITUTIONS POLITIQUES, ECONOMIQUES ET FINANCIERES INTERNATIONALES les garanties et les gages de sa loyauté et de ses compétences en matière d’économie de marché. Sur le plan international, en tant que gérant des intérêts de l’impérialisme français, il poursuivra la même politique de pression ou d’agression contre les peuples et les pays qui résistent à la domination impérialiste.

Les intérêts de la classe ouvrière et du prolétariat en tant que classe ont été absents des discours de François hollande durant la campagne présidentielle. Il a affirmé qu’il y aurait plus de justice. Il a dit qu’il prélèverait d’avantage aux plus riches. Mais les riches resteront riches ! Il a dit qu’il donnerait un peu aux plus pauvres. Mais les pauvres resteront pauvres !

Il n’a jamais remis en cause le système d’exploitation et d’oppression capitaliste…

Les ouvriers, les hommes, les femmes et les jeunes du peuple ne doivent avoir aucune illusion sur ce qui les attend. Les mesures que prendra François Hollande pour colmater les brèches ouvertes par la crise du système capitaliste international, c’est le prolétariat qui en subira les sacrifices. Aux travailleurs, on demandera de « retrousser leurs manches » en échange de quelques sucettes, pendant que les actionnaires du CAC40 encaisseront, eux, les dividendes de l’exploitation et de la croissance tant espérée.

 

QUE FAIRE POUR TRANSFORMER LES DESILLUSIONS PREVISIBLES EN FORCE DE CLASSE ?

 

L’absence de changement dans les conditions d’existence et de travail aura vite fait de balayer les quelques illusions liées à l’élection de François Hollande. Beaucoup de ses électeurs n’en ont d’ailleurs aucune. Nombre d’entre eux disent presque déjà à regret : « Hollande ça peut pas être pire que Sarkozy ». Sous entendu : « ça ne sera sûrement pas mieux ». Les plus conscients et les plus combatifs refuseront de jouer au jeu des négociations et du « dialogue social ». Des luttes continueront à se développer. D’autres vont éclater. La lutte des classes ne s’arrêtera pas et pourra prendre une ampleur et des formes imprévisibles.

Il reste que, comme c’est le cas depuis des décennies, elles risquent que de ne rester qu’au stade de la protestation, et qu’il leur manquera une direction de classe offensive capable de créer un rapport de force pour faire reculer le pouvoir du capital et son appareil politique d’Etat.

Il n’y a donc rien de plus urgent que de construire l’organisation politique dont le programme est de chasser du pouvoir tous les agents politiques et économiques du capital, dont le but est la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l’ensemble des prolétaires, pour détruire le capitalisme, pour construire le socialisme.

Cette organisation politique, c’est le Parti Communiste Marxiste-Léniniste.

Le Parti Communiste Français, le PCF a abandonné cette perspective révolutionnaire. Il est devenu une force d’appoint du social libéralisme. Il parle de transformation sociale, même plus de rupture.

Sans un Parti Communiste qui unit sa classe sur ses intérêts et sur un but unique, chaque ouvrier, chaque travailleur, chaque prolétaire est laissé démuni face à ses ennemis de classe et en est réduit à choisir entre le moins pire d’entre eux. IL FAUT RENVERSER CETTE SITUATION ! Il faut redonner au prolétariat la conscience de ses intérêts de classe et la conscience de son rôle historique ! Le prolétariat c’est la classe qui doit diriger la société.

C’est dans les luttes de classe que cela se fera. Dans la clarté de la pratique et des explications politiques apportées par les communistes dans le mouvement ouvrier. C’est la voie du ROCML

Cela ne se fera pas dans la confusion des spéculations électoralistes et les volte-face opportunistes de dernière minute.

Le ROCML appelle les communistes et les éléments combatifs et conscients du prolétariat à unir leur volonté et leurs efforts pour redonner à la classe ouvrière son avant-garde politique organisée, son Parti Communiste Révolutionnaire.

 

 

Le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes

 

Le 8 mai 2012.

 

 

Par Evanosiam - Publié dans : France - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 23:22

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Lors des dernières élections municipales nous écrivions :

"ll faut en finir avec la mystification gauche-droite. Ce schéma d'une action unie des forces populaires qui se traduit dans une unité PS – PCF postule que le P.S. ne serait pas un parti de la bourgeoisie mais un défenseur des exploités qui certes fait fausse route, mais un défenseur quand même... C'est ce postulat qui est faux et dont souffre le mouvement ouvrier et les partis communistes depuis plus d'un demi-siècle. Le parti socialiste est un parti de la bourgeoisie qui doit être dénoncé et combattu en tant que tel, de façon spécifique en raison de sa duplicité.

De tous temps à jamais, la mission du PS est de venir au gouvernement à un moment où le rapport des forces bascule en faveur du mouvement ouvrier, en concédant le minimum nécessaire pour conserver le pouvoir à la bourgeoisie puis entreprendre la récupération de ce qui a été concédé. C'est la gestion de gauche du capitalisme. A chaque fois, le PS profite du crédit que lui donne la ligne d'union de la gauche du PCF pour mystifier les travailleurs et leur porter des coups que la droite n'aurait pas été capable d'imposer de front. "


Qui a-t-il de changé, aujourd'hui, après les élections présidentielles qui viennent de porter Hollande à L'Elysée ?....



Par Evanosiam - Publié dans : France - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 20:44

kke.jpg

 

 

 

Les communistes grecs (KKE) continuent de progresser avec 8,5% des voix et 26 sièges et font leur meilleur score depuis 25 ans dans un paysage politique recomposé par le capital

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le scrutin qui inquiétait les marchés européens ce dimanche 6 mai n'était pas celui opposant en France le partisan de l' « austérité de droite » contre celui de la « rigueur de gauche ». Il s'agissait bien des élections législatives en Grèce, dans un climat de colère sociale et de rejet du consensus dominant PASOK-droite.

 

Les résultats définitifs confirment d'une part l'ampleur de ce mécontentement populaire mais d'autre part révèlent à quel point le grand capital grec et surtout européen est en mesure de trouver des roues de secours viables lorsque ses serviteurs habituels se retrouvent à bout de souffre, discrédités par la politique d'austérité qu'ils font subir au peuple grec.

 

La première leçon de ce scrutin, c'est la déroute historique des deux partis du consensus libéral-européiste dominant.

 

Une déroute historique pour le consensus dominant PASOK-Nouvelle démocratie

 

Le parti de droite classique, Nouvelle Démocratique, a sauvé les meubles grâce à sa puissante organisation clientéliste et ses positions conservatrices traditionnelles.

 

Avec 18,9% des voix et 108 sièges, elle sera sans doute le pivot de la future coalition gouvernementale, mais perd 13,6 points (33,48% en 2009) par rapport au dernier scrutin.

 

Son alter ego à gauche, le PASOK socialiste s'effondre pour atteindre un minimum historique, avec 13,2% des voix et 41 sièges mais il reste le partenaire le plus crédible pour une nouvelle « grande coalition » gauche-droite.

 

La politique de casse sociale menée d'abord par Georgios Papandreou depuis 2009 puis par son successeur Lukas Papademos, avec le soutien du PASOK a logiquement conduit à la désaffection d'une grande partie de sa base électorale. Le PASOK avait réalisé 43,92% des voix en 2009.

 

L'effondrement des deux partis dominants a laissé un large espace à des forces, à gauche comme à droite, participant largement d'une recomposition maîtrisée par ces mêmes forces dominantes.Tout comme le capital européen envisage une « faillite contrôlée » de l'économie grecque, il a tenté d'opérer une « faillite contrôlée » du système politique grec.

 

Les communistes progressent une nouvelle fois, avec 8,5% des voix et 26 sièges, bravant l'anti-communisme ambiant

 

Le point positif du scrutin, c'est la nouvelle progression électorale des communistes du KKE, reflet de leur ancrage de masse et de leur participation décisive aux luttes depuis 2009.

 

Avec 8,5% des voix et 26 sièges, les communistes gagnent du terrain par rapport au déjà bon score de 2009 (7,5% des voix et 21 sièges). Ils réalisent pour un scrutin national leur meilleur score depuis la chute du mur de Berlin, plus exactement depuis 1985, lorsqu'ils avaient obtenu 9,1% des voix (mais seulement 12 députés).

 

Une progression d'autant plus méritoire qu'elle se produit dans un climat de rare hostilitéoù ont alterné menaces et insultes anti-communistes frontales et manœuvres plus subtiles au nom du vote utile pour SYRIZA et Gauche démocratique, des méthodes vicieuses qui ont eu sans doute leur impact.

 

Les positions courageuses du KKE vis-à-vis des illusions d'un gouvernement de gauche alternatif dans le cadre du système alternatif ont été reconnues par une large partie de la classe ouvrière grecque. Mais leur intransigeance a pu orienter une partie des classes moyennes paupérisées, déçues du PASOK, vers une gauche qui se présente comme radicale mais de gouvernement.

 

La percée de la « gauche radicale » ou la « faillite contrôlée » de l'aile-gauche du système politique traditionnel grec

 

L'écroulement du PASOK était la seule donnée certaine, connue avant le déroulement même de ces élections. Le grand capital grec avait anticipé sa décomposition et préparé la recomposition de la 'gauche' grecque, à partir de l'aile-gauche de la social-démocratie Grecque, la coalition dite SYRIZA.

 

La coalition SYRIZA est un amalgame hétérogène composé de maoistes, de trotskistes, d'ex-communistes rénovateurs, de transfuges de la social-démocratie, de nationalistes de gauche ou encore d'écologistes, minés par des querelles internes interminables qui l'ont mené plus d'une fois au bord de l'implosion. Une coalition unie sur le plus petit dénominateur commun, celui d'une vague gauche unie sans programme ni idéologie claire.

 

Une histoire faite de nouvelles coalitions et de nouvelles scissions incessante. La dernière en date, celle du groupe Gauche démocratique (DIMAR) trouvant SYRIZA trop intransigeante, et plutôt favorable à un gouvernement d'union avec le PASOK, pour le tirer à gauche dans sa politique d'austérité.

 

Gauche démocratique a finalement obtenu 6,1% des voix et 19 sièges tandis que SYRIZA a décroché la deuxième place avec 16,8% et 52 sièges.

 

Les pertes du PASOK ont donc été très largement redistribués vers des partis qui soit soutiennent ouvertement le PASOK, comme Gauche démocratique, soit soutiennent une ligne dont l'opposition formelle à la ligne actuelle du PASOK n'en est pas moins concordante avec les positions social-démocrates traditionnelles.

 

En effet, outre la complaisance sans précédent dont a bénéficié SYRIZA durant la campagne, en premier lieu pour son jeune chef sémillant, le télégénique Alexis Tsirpas, la « Coalition de la gauche radicale » a fait campagne pour une véritable « coalition gouvernementale de gauche » capable de mener une autre politique en Europe.

 

Une alliance proposée à DIMAR, au KKE et même au PASOK, si « il bouge vers la gauche ». Le KKE a refusé cette main tendue, et ce que l'autre dissimule. Car SYRIZA ne propose aucune rupture avec le système capitaliste, qu'elle souhaite aménager, avec l'Union européenne, qu'elle souhaite réformer ou avec le système politique grec corrompu, sachant qu'elle est alliée au PASOK dans bon nombre de municipalités et départements du pays.

 

Les deux nouveaux piliers de l'aile-gauche système politique grec s'appellent donc Gauche démocratique, comme force d'appoint parlementaire du PASOK et de la « grande coalition », et SYRIZA comme opposition officielle, chargée de canaliser la colère populaire vers des solutions compatibles avec le système dominant.

 

Recomposition préoccupante à droite, entre montée d'un nationalisme populiste et fascisation de la vie politique grecque

 

Le résultat le plus inquiétant de ce scrutin ne provient sans doute pas de la gauche de la vie politique grecque. Certes, l'effondrement des partis de droite paraît moins net que celui du PASOK, mais il est néanmoins indiscutable.

 

Outre Nouvelle démocratie, le parti d'extrême-droite traditionnaliste LAOS recule et paye sa collaboration au gouvernement de l'austérité. Il passe de 5,63% des voix et 15 sièges à 2,9% et sans aucune représentation parlementaire.

 

La recomposition de la droite grecque profite partiellement à une nouvelle formation de droite, dissidente de la Nouvelle démocratie, les Grecs indépendants, qui obtiennent 10,6% des voix et 33 sièges, sur fond d'un discours souverainiste et populiste, dont il est encore difficile de savoir les implications politiques au vu du caractère nouveau de ce parti.

 

Le plus préoccupant reste la percée historique d'un groupuscule d'extrême-droite, issu de la mouvance néo-nazie, l'Aube dorée qui récolte 7% des voix et 21 sièges.

 

Utilisant un symbole proche de la croix gammée, exaltant la violence et le droit du sang, prônant un nationalisme ethnique et expansionniste, anti-communiste et contre-révolutionnaire, tout en adoptant un discours superficiellement radical sur les questions sociales, en indiquant un bouc-émissaire : l'étranger, l'Aube dorée rassemble tous les critères d'une formation de droite néo-fasciste.

 

Les origines national-socialistes de cet ancien groupuscule d'extrême-droite transparaissent dans son réseau international qui rassemble notamment le Parti national-démocrate (NDP) allemand, héritier du parti nazi, ou encore la Forza nuova italienne, qui se revendique comme une fidèle héritière du parti national fasciste italien.

 

« Faillite contrôlée » des deux piliers du système politique grec, émergence de nouvelles gauches et de nouvelles droites de gouvernement (Grecs indépendants, Gauche démocratique), mise en avant d'une opposition officielle canalisant vers les solutions institutionnelles avec SYRIZA, fabrication de toutes pièces d'un parti néo-fasciste comme recours ultime du capital, le paysage politique grec, décomposé est aussitôt recomposé par le grand capital grec et européen.

 

Mais dans cette sombre apparence d'un contrôle total de la classe dominante européenne sur les événements politiques grecs, une épine dans le pied du capital persiste. Une force résiste et progresse, le Parti communiste grec (KKE).

 

Dans l'hostilité la plus totale, malgré les menaces, intimidations ou manœuvres politiciennes subtiles, les communistes grecs continuent à être perçus consciemment par des centaines de milliers grecs comme la seule alternative viable au pouvoir mortifère du capital grec et de l'Union européenne sur leurs vies.


Par Evanosiam - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 17:51

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Par Evanosiam - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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