Le Parti communiste du Venezuela s’est investi dans la campagne pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Ce choix politique a été décidé après une analyse lucide des conditions de précipitation et d’improvisation de ce vote.

Pour le PCV, il était primordial, pour la poursuite et l’approfondissement du processus révolutionnaire bolivarien, de contrer l’opposition et sa politique de violence, soutenue par l’impérialisme, mais aussi de gagner l’audience et la représentation maximales de ceux qui portent véritablement les intérêts de la classe ouvrière. C’est d’autant plus important que des éléments de la bourgeoisie, au sein même de la direction du parti de Maduro (PSUV), opportunistes au langage souvent gauchiste, poussent vers une ligne réformiste de compromis et affaiblissent le processus révolutionnaire.

Dans une conférence de presse le 31 juillet 2017, la direction du PCV a tiré un premier bilan. Nous reprenons des articles des agences et sites AVN et Ultima Hora. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

Article AVN : Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition

Le Parti communiste du Venezuela (PCV) estime que l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) constitue une victoire marquante pour le peuple vénézuélien. Elle a enregistré un haut niveau de participation. Les électeurs se sont mobilisés pour rejeter le terrorisme et les menaces d’intervention étrangère.

Dans une conférence de presse, lundi [31 juillet 2017], Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a répété que l’ANC  « sera une opportunité de débattre d’une nouvelle société ».

Il a estimé qu’une partie des couches moyennes de la population, qui ne sont pas chavistes, « veulent empêcher une intervention étrangère contre le pays et manifester leur ras-le-bol de la violence fasciste et terroriste ».

Il a ajouté que ces catégories refusent que « les commandos de mercenaires terroristes de l’extrême-droite fasciste, au service de l’impérialisme américain, créent, chaque jour, des situations qui conduisent à la mort de Vénézuéliens par des actes atroces ».

Article Ultima Hora : « Pedro Eusse (PCV) : il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions ». 

La direction du Parti communiste du Venezuela s’est exprimée après l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Elle a participé à cet événement électoral, en alliance avec d’autres partis révolutionnaires, même si elle a exprimé son désaccord avec la forme improvisée de son déroulement.

Pedro Eusse, membre du Comité central du PCV, a souligné que, bien que l’on ne dispose pas [à ce moment – le 31 juillet] du taux final de la participation et que l’on ne connaisse pas quels sont les résultats définitifs et s’il y aura des députés communistes à la constituante, « nous devons mettre en avant le soutien apportés par les 8 millions de Vénézuéliens qui sont venus voter ».

« Il est vrai que la participation n’a pas été aussi massive qu’à d’autres échéances électorales, comme nous l’aurions voulu et comme c’était nécessaire, mais il faut garder en tête que l’opposition n’a pas participé au scrutin. Cela explique qu’il faut retrancher un nombre important d’électeurs ne se sont pas déplacés. »

Pour Eusse, d’une façon générale, le niveau de participation est significatif. Et même des électeurs qui ne se s’identifient pas avec le processus bolivarien ont décidé de voter pour contrer les agissements à venir du Président des Etats-Unis et la violence organisée par l’opposition. Et il s’est trouvé bien des gens qui n’ont pas pu sortir de chez eux à cause du blocage des routes par l’opposition.

Pour Eusse : « Le mouvement chaviste, et ceux qui ne sont pas chavistes mais révolutionnaires, comme le PCV, avaient à mettre en échec un ennemi très important, l’impérialisme américain et son principal porte-parole, le Président Donald Trump. Je pense que le message a été clair ».

Eusse était lui-même candidat à l’Assemblée constituante dans le collège ouvrier. Pour lui, l’ANC va être un espace de débat et de lutte idéologique. Mais elle ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes et garantir la paix, parce que la paix ne sera gagné qu’en vainquant le fascisme. Eusse a expliqué « qu’il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions et ne s’accrochent pas à certains bureaucrates des administrations ou des syndicats. Parce que c’est seulement par nos luttes que nous arriverons à des solutions. Nous devons comprendre que la cause fondamentale de nos problèmes réside dans l’existence même du système capitaliste qui continue de dominer notre pays ».

A la fin de son intervention, Eusse a exhorté à unir les forces du « Front national de lutte de la classe ouvrière » et du « Front anti-impérialiste et populaire antifasciste » pour « transcender les luttes et faire de la bataille pour la libération, une bataille pour une véritable émancipation. »